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Interview exclusive avec Benjamin Chaminade, spécialiste du futur du travail

Dans cet entretien exclusif, Benjamin Chaminade nous parle des millennials, des challenges et opportunités du recrutement à l’heure actuelle, mais aussi du futur du travail.

Entrepreneur dans le secteur du recrutement en Australie avant de reprendre une écurie de compétition automobile en France, Benjamin Chaminade est un spécialiste du leadership, de la culture de l’innovation, de l’innovation managériale et de l’impact du digital sur le monde du travail.

Soyez pionner en transformation digitale

Il débute sa carrière en tant qu’Attraction Manager chez Disneyland Paris avant de partir en Australie où il lance le premier site emploi dédié à la relation client, puis Big Fish, une startup spécialisée dans le recrutement, et InsideHR, une série d’outils dédiés à l’amélioration de la motivation et de l’engagement des collaborateurs.

De retour dans l’Hexagone, il entreprend un nouveau challenge en prenant la tête de l’écurie de compétition Technoraid, et en se lançant dans la fabrication automobile avec le Renovatio.

Aujourd’hui, Benjamin accompagne de nombreuses entreprises dans leur stratégie d’innovation, tout en parcourant la planète en tant que conférencier sur la culture de l’innovation, l’innovation managériale et les transformations du monde du travail.

Vous êtes le premier à avoir importé le terme « Millennial » en Europe. Qu’est-ce-qui différencie cette génération des précédentes en termes d’emploi ?

Avant de parler emploi, je pense qu’il n’y a que deux choses qui différencient cette génération : les parents qu’ils ont et le monde dans lequel ils vivent !

Comparez-votre façon d’élever les enfants – les vôtres ou ceux des voisins – avec la façon dont vous avez été élevé. Voyez vous des différences ? Il y a de fortes chances que vous soyez beaucoup plus « Fais ce qui te rend heureux, nous sommes derrière toi, et on t’aime » que « Si tu n’as pas ton bac, tu pars à l’armée, feignasse ! ». Pour certain le martinet est un mauvais souvenir, pour d’autres le nom d’un oiseau migrateur.

Concernant le monde, il y a tellement de choses à dire sur ce qui a changé que je ne vais vous donner qu’une seule évidence : nous sommes désormais dans un monde de ET et plus de OU.

Et ces « millennials » – et finalement la plupart de nous – se sont adaptés à ce monde dans lequel :

  • Il y a un niveau de chômage record ET une pénurie de compétences.
  • On peut être salarié ET avoir son business sur le coté en chinant sur Ebay ou en louant son appartement ou sa voiture.
  • On peut-être connecté au monde ET déconnecté de l’actualité.
  • On peut travailler dans une entreprise ET être en recherche active d’emploi.

Une fois que l’on a compris ce « ET » on comprend que ce que les plus anciens prennent pour un problème d’engagement ou un refus de l’autorité n’est en fait une attente de liberté basée sur une quête de choix et une quête de sens :

  • On veut avoir le choix ET travailler avec un manager exigeant.
  • On veut un travail qui a du sens ET travailler avec un manager charismatique

Finalement, il n’y a pas de problème avec l’autorité, on a un problème avec le manque de choix. Et ce changement ne concerne pas que les moins de 30 ans ! Tout collaborateur ayant un minium de recul vis la même chose.

D’ailleurs, pour sortir du cliché des générations j’utilise des curseurs culturels suffisamment marqués pour en tirer des échantillons plus précis et moins clichés que la date de naissance comme par exemple :

  • Le rapport au temps (long terme ou court terme)
  • Le rapport à l’émotion (retenue ou partagée)
  • Le rapport à l’autorité (travailler POUR ou travailler AVEC)

Faites votre choix (long/court, pour/avec..) et vous verrez qu’un millennial se cache et sommeille en vous…

Selon vous, quels sont les plus gros challenges auxquels doivent faire face les entreprises d’aujourd’hui en termes de recrutement ?

Déjà de maitriser leurs couts de recrutements qui s’envolent à cause de la difficulté de trouver les bonnes compétences. Il y a énormément d’optimisation à faire dans les dépenses en recrutement, que ce soit en temps passé ou en financement ! Utilisez-vous les bons sites, au bon prix, pour publier des annonces adaptées à ce que cherchent vos candidats éventuels ?

Ensuite de changer leur posture de recruteur pour améliorer leur taux de transformation. Je reprend volontairement un terme commercial car désormais le rapport de force s’est équilibré ou inversé entre l’offre et la demande. On parle désormais « d’inbound recrutement » qui copie les pratiques marketing et commerciales.

Pensez-vous toujours être les rois du pétrole quand même des maisons prestigieuses du luxe ont des soucis de recrutement et d’engagement ?

Enfin de développer une culture d’entreprise de l’audace. Il est souvent plus facile d’apprendre à quelqu’un déjà motivé que de motiver quelqu’un qui possède le bon diplôme. En d’autres mots  Il est temps d’apprendre à faire confiance à des profils en fonction de leur envie de s’engager et pas en se basant sur son CV et son expérience passée. Désormais la raison n°1 de changer d’entreprise est de changer d’emploi et donc de faire autre chose que ce qui est inscrit dans notre CV !
Pour d’autres entreprises, le vrai défi est d’arrêter de faire fuir les talents qu’ils ont déjà ! Chaque jour j’entends des histoires qui font peur de recruteurs manquant de respects aux candidats, de managers à coté de la plaque ou de processus d’onboarding inexistant.

Et enfin pour certains… le plus gros challenge… est de retirer les oursins de leurs poches et de payer leurs collaborateurs à leur juste valeur ! Je ne donne pas de noms mais pour certaines PME ou professions protégées votre survie en dépend. Ne pensez pas que performance. Pensez aussi engagement et rareté des compétences.

De la même manière, quelles sont les opportunités dont elles peuvent profiter ?

De remplacer tous leurs salariés pas des robots ou des algorithmes bien sur. Plus de salaires, que des couts fixes de maintenance. Problème réglé. A une prochaine fois.

***

Ou alors, plus malin …

Responsabiliser les managers !  Recruter veut dire aussi intégrer… et licencier ! Vous n’avez pas idée du nombre d’entreprises qui ont un recrutement dans les règles de l’art pour finalement tout gâcher au moment de l’intégration ! Autre chose, moins politiquement correct mais manager signifie aussi savoir dire stop dans les temps !
Humanisez leur entreprise. L’usage des réseaux sociaux et les attentes des candidats en « transparence » en « aventures humaines » est une chance incroyable pour les entreprises de montrer qui elles sont humainement. Avec 90% des candidats googlisant le nom de leur recruteur ce n’est de toute façon pas une option !

Devenir un média. Toute entreprise doit devenir un média ! Que ce soit par la voix (Podcast), l’écrit (Blog) ou la vidéo (Youtube). La différence se vera sur votre capacité à donner des infos sur votre culture mais surtout de donner des liens, pistes et conseils utilises à ceux qui vous écoutent et envisagent de vous confier leur candidature.

Revoir leur écosystème : Comment votre écosystème digital est-il organisé ? Comment les candidats qui vous cherchent peuvent vous trouver ? La réponse… lire le paragraphe précédent.

Quelles sont les grandes tendances et transformations à venir dans le monde du travail dans les 5 prochaines années ?

Je ne vais pas prendre de temps – le mien et le votre – à répondre à cette question. Je ne pense pas que les RH ont besoin de tendances à 5 ans quand elles ne sont pas toutes arrivées en 2018 !

J’en rencontre toujours trop qui n’ont pas compris les transformations sociétales en cours et qui continuent de regarder ces jeunes qui arrivent et qui sont « différents » alors que le changement de comportement, d’attentes et d’attitudes sont plus marquant chez les quadras !

Exemple : je rencontre toujours des dirigeants qui considèrent que le télétravail n’est pas juste pour ceux qui sont dans la production et que c’est une récompense comme la formation l’était dans les années 90 ! Le télétravail n’est pas une récompense ! C’est un mode d’organisation collaboratif qui améliore le bien-être de vos collaborateurs, paradoxalement recréé du lien, améliore son bilan carbone. Bref, le télétravail sauvera la planète et de toute façon quand on voit que les freelances se rassemblent dans des espaces de co-working on voit bien que de toute façon le recours au télétravail sera limité.

Pour revenir à la question, l’enjeu pour les RH n’est pas de capter les signaux faibles à 5 ans, on a pas le temps ! Par contre, une fois que la transformation a été identifiée l’enjeu est de s’y mettre le plus rapidement possible ! Oui, de la bonne vieille agilité dont on parle depuis les années 2000.

Alors oui, je pourrais vous donner des tendances mais d’abord rejoignez nous en 2018 !

Comment tirer parti des innovations digitales dans son leadership et son recrutement ?

En les utilisant à bon escient ! J’ai trop vu de managers régler leur compte avec un collaborateur par email pour ensuite faire comme si de rien n’étais. Dégonflé !

Rapidement j’ai 3 façons de tirer parti de ces innovations :

– Humaniser votre organisation en montrant – sans mise en scène – ce qu’il se passe, en partageant des infos de votre secteur, de votre métier et de votre entreprise. Vous devez devenir un média en utilisant les réseaux sociaux et en faisant participer vos collaborateurs.

– Apprendre à la demande au moment où un problème se présente ou lorsque vous souhaitez lancer un projet. Ca évitera de vous taper des journées de formations aux effets incertains.

– Responsabiliser les collaborateurs qui souhaitent ne plus êtres des employés, en leur donnant les moyens de mesurer eux-mêmes leur performance et de s’organiser seuls en fonction de celles-ci.

Vous avez vécu en Australie et voyagé aux 4 coins de la planète. Comment la France se compare-t-elle en matière de ressources humaines ?

Avec un taux de chômage de 5.5%, une population vieillissante et une économie qui repose sur l’extraction minière et les services, l’Australie est touchée depuis plus longtemps et plus en profondeur par les sujets qui commencent à être d’actualité en France, notamment la pénurie de compétence.

Ce qui me donne quelques années d’avance par rapport à l’Europe.

Je vois plusieurs stratégies se mettre en place

> Cas le plus extrême, les mines de Rio Tinto et certaines d’exploitations agricoles sont en train d’être automatisés à 100%,
> Pour les services reposant sur la relation humaine, cela fait déjà plusieurs années que l’on prend très au sérieux les enjeux d’expérience salariés, d’onboarding et d’engagement. Les sujets sur lesquels je travaillais quand j’étais à plein temps à Sydney et qui sont ENFIN un sujet au Royaume-Uni et en France.

Si vous deviez donner 3 conseils clés au Responsable des Ressources Humaines d’une entreprise aujourd’hui, quels seraient-ils ?

Difficile de donner des conseils aux RH sans connaitre leur niveau de liberté, de maturité, de légitimité et de personnalité. Mais tentons quand même.

> Soyez pionner en transformation digitale : Nous sommes sorti de la vision outil il y 3 ans, maintenant c’est l’humain et rien que l’humain. Donc… un sujet RH ! Oui, l’automatisation menace mais je suis sur que les bots à tous les étages vont lasser et que nous allons voir des produits porter le label « Fabriqué et distribué par un être humain » qui feront la différence pour les consommateurs et clients.

> Prenez les rennes de l’innovation : Je parle un peu dans le vide en Europe, beaucoup moins en Australie ou beaucoup d’entreprises ont compris que la capacité d’innovation ne dépendait pas d’un directeur de l’innovation mais de la qualité du recrutement, de la formation et de l’environnement managériale ! En résumé, de la capacité des RH de maintenir une culture favorisant naturellement l’innovation. Donc Innovation = RH.

> Devenez plus curieux des sujets à venir : Projetez-vous, analysez les tendances qui arrivent et favorisez la curiosité de votre équipe. Je suis encore halluciné de voir le nombre de RH qui n’a jamais assisté à un TEDx ! Ce qui montre le peu de temps allouer à la curiosité et à la découverte.

De nombreux sujets d’aujourd’hui sont en train de se transformer en défis de demain, vous devez être sur le coup ! Je pense à la Neuroéconomie, à la transformation des entreprises en média, la montée de l’intraprenariat, l’intelligence collective…

Découvrez l’interview vidéo  :

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