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Pascal Dupraz Conferencier

Interview exclusive avec Pascal Dupraz, entraîneur français

Pascal Dupraz Keynote SpeakerPascal Dupraz est l’ancien manager du club d’Évian Thonon Gaillard, qui a récemment quitté son poste d’entraîneur de Toulouse après avoir réussi un exploit jamais réalisé dans l’histoire du football : rattraper 10 points de retard en 10 journées.
Il est aujourd’hui consultant pour Canal+ après avoir été celui du groupe TF1 pendant la Coupe du monde de la FIFA 2018.
L’ancien entraîneur des Violets nous accorde une interview exclusive, suite à la publication de son livre « Une saison avec Pascal Dupraz : Leçons de Leadership », préfacé par le sélectionneur de l’équipe de France, Didier Deschamps.

Vous avez publié en 2018 le livre « Une saison avec Pascal Dupraz : Leçons de Leadership », afin de partager vos meilleurs conseils destinés aux managers. Pourriez-vous nous résumer votre livre en quelques mots ?

Ce livre visait avant tout à répondre aux attentes de mes amis, par solidarité savoyarde.

Mon objectif premier était de raconter le quotidien d’une saison vécue de l’intérieur, point par point. Cela a débuté comme un journal de bord hebdomadaire, qui s’est par la suite transformé en livre.

À travers ces pages, j’ai d’abord souhaité parler d’objectifs comme la réussite, puis de l’échec et surtout de la capacité de rebond. Toutes ces pistes ont été étudiées avec mon co-auteur, Frédéric Rey-Millet. On explique comment transformer un échec en rebond, ainsi que quelques méthodes de management. Vu de l’extérieur, j’ai souvent été perçu en tant qu’entraîneur comme un dictateur… Mais en vérité, je voulais surtout que mes joueurs se sentent à l’aise pour participer.

Le management, c’est avant tout l’écoute. Écouter ses supérieurs, mais aussi ses collaborateurs.

Comment remotive-on une équipe de football comme celle du TFC pour lui faire maintenir le cap de la Ligue 1 ? Concrètement, comment parvenez-vous à remotiver et redonner confiance aux joueurs pendant une mi-temps ?

Pendant mon activité d’entraîneur au TFC, je suis parti d’un cauchemar pour atteindre un rêve.

J’ai commencé par répondre à l’entretien du président du club de Toulouse, la quatrième ville de France. Le président du TFC cherchait un entraîneur pour amortir la chute du club en Ligue 2, pour rebondir et pour remonter dans la foulée. Mais les Violets n’avaient que 10 points de retard.

Je n’ai pas accepté cette vision de l’échec d’entrée de jeu, qui était alors vu comme inéluctable. J’ai commencé par dire à mes joueurs : « Ne voyez pas cette saison comme un cauchemar. Vous n’allez pas devenir des héros si vous musardez. Mais vous allez devenir des héros si vous appréhendez votre métier de manière professionnelle. Vous devez respecter l’entité et l’institution du football. Donner le meilleur de vous-même… ».

En parallèle, j’ai fixé un cadre strict, mais suffisamment large pour que chacun des joueurs puisse s’exprimer au profit du collectif.
Quand je suis arrivé au TFC, tout était sombre, il n’y avait rien de joyeux.

Or le football est un sport que j’aime et que je défends, qui s’adresse à la jeunesse. La jeunesse est d’ordinaire joyeuse et insouciante et, au TFC, j’observais tout le contraire.

Alors ce que j’ai fait, c’est que j’ai remis le courant et rallumé la lumière. Je voulais à nouveau réunir tout le monde vers un but commun et insuffler de la positivité. Ma force a été d’imaginer quelque chose d’inimaginable. Et on a réussi l’impossible qui était de maintenir le TFC en Ligue 1 alors que le club toulousain avait 10 points de retard.

Le problème avec les autres équipes, c’est que les présidents, entraîneurs et managers finissent par faire office de barrages. Ils ont un objectif limitant et visent seulement leurs objectifs personnels.

Se fixer des objectifs qui paraissent inatteignables est le meilleur moyen de réussir.

Selon vous, comment transposer les secrets de la motivation et de la performance d’équipe au monde de l’entreprise ?

Tout est transposable quand on s’adresse à l’humain. On trouve toujours des analogies.

Il faut avant tout donner le meilleur de soi-même pour soi car il ne faut pas s’oublier.

Avant d’avoir confiance en les autres, je dois avoir confiance en moi. Mais cette confiance en soi, elle se construit et ça prend du temps. À chaque fois, dans mon métier, je donne le meilleur de moi-même. Je suis besogneux et travailleur. Je regarde aussi ce qu’il se fait de mieux ailleurs et aujourd’hui je sais me remettre en question. Au moins, si j’échoue, on ne pourra pas dire de moi que je néglige mon rôle ou que je ne donne pas le meilleur. Mais il s’agit aussi, comme en entreprise, de travailler ensemble, en équipe. On doit collaborer. Dans l’entreprise, comme dans le sport, on doit collaborer ensemble. Parfois, comme en entreprise, on doit travailler avec des personnes qu’on apprécie que modérément. Mais malgré ça, quand on collabore, on avance.
L’écoute est également primordiale.

Il faut savoir se nourrir des autres. La compétence autour de moi nourrissait ma propre compétence et c’est ça que j’appelle collaborer.

Quand je parle de mes adjoints, je les considère comme des experts car ils sont plus pointus que moi sur certains sujets et c’est eux qui me font grandir, développent mes compétences et me rendent meilleur.

Au début, je ne supportais pas la critique, mais aujourd’hui, elle me fait avancer.

Je demande d’ailleurs à mes critiques d’étayer et je leur demande quels seraient les outils qui, selon eux, me feraient avancer. Ce changement s’est opéré en moi grâce à l’expérience et à la maturité. Comme en entreprise, quand on est manager, on maîtrise.

Enfin, je puise toujours chez mes collaborateurs des idées nouvelles et des outils auxquels je n’aurais pas pensé.

Nous avons gardé en mémoire la grève des joueurs français lors de la Coupe du monde de football 2010 et la scène du bus dont les joueurs refusaient de descendre pour rejoindre leur entraînement. Selon vous, comment en est-on arrivés là ?

Le football français a-t-il connu une véritable crise interne dont il s’est aujourd’hui relevé ? Avec du recul, comment analysez-vous la situation avec votre regard d’entraîneur ?

Selon moi, il n’y avait pas de hasard et il y avait clairement des dysfonctionnements à plusieurs étages.
En 2010, c’est le flou qui a entraîné l’anarchie.

J’ai constaté cette crise de l’extérieur, comme tout passionné de football. Selon moi, parmi ces joueurs qui ne voulaient pas descendre du bus pour rejoindre l’entraînement, aucun n’aurait dû être sélectionné. Enfant, j’aurais rêvé de me retrouver à leur place et d’avoir la chance de participer à une coupe du monde. Leur réaction était clairement inadmissible et aucun d’entre eux n’aurait dû porter le maillot de l’équipe de France.

Il y avait du flou et un entraîneur largement dépassé par les évènements, ce qui a entraîné un phénomène de groupe.
On a laissé s’engouffrer l’incertitude face au manque de leadership.

Aujourd’hui, l’équipe de France est très solidaire et menée par un entraîneur remarquable (Didier Deschamps) et très proche du Président de la Fédération Française de Football (Noël Le Graët). Ces 2 personnalités clés du football Français partagent une vision commune et se soutiennent mutuellement. C’est essentiel dans le but d’accomplir de grandes choses, comme de remporter la coupe du Monde, ensemble, par exemple.

Quelle est la plus grande situation de crise à laquelle vous avez dû faire face ? Et comment y avez-vous remédié ?

Pour moi, la plus grosse crise vécue a été à l’ETG.

Il aura fallu 20 ans pour construire ce club, qui est passé pro 18 ans après mes débuts en tant qu’entraîneur, et 1 an seulement pour le détruire.

Après avoir joué en Ligue 1 pendant 4 ans, le club était descendu en Ligue 2 et mes « amis » m’ont viré.

Le club a été détruit par égocentrisme et folie des hommes.

J’affirme que le football rend fou. En devenant président d’un club, toute la France vous connaît. Vous pensez tout maîtriser mais en fait vous ne maîtrisez rien. Il y a de nombreuses guerres internes pour se disputer le pouvoir, tout comme en politique.

C’est clairement une crise de leadership.

En parallèle, vous êtes consultant pour la télévision et avez commenté la coupe du monde 2018. Quels ont été les moments forts de ce match en tant que commentateur ?

Mon optimisme était présent dès le début de cette coupe du monde.

Je travaillais pour TF1 comme consultant et j’intervenais tous les jours de la coupe du monde pour analyser les rencontres dans « Le Mag de la Coupe du monde », présenté par Denis Brogniart.

Je crois fort en la loi de l’attraction et j’étais le premier à penser que la France allait gagner.
Didier Deschamps était le sectionneur qu’il fallait pour cette équipe et il a lui-même choisi les hommes avec qui il voulait « aller à la guerre ». Il ne s’est pas laissé influencé par les consultants, ni les journalistes.

Pendant les matchs, les journalistes et consultants étaient unanimes pour affirmer que le France ne pouvait pas être championne du monde

Mais quand la France a remporté la coupe, ils ont immédiatement changé leur discours.

De mon côté, j’y ai toujours cru et j’ai toujours été supporter.

C’est tous ensemble qu’on peut atteindre la victoire.

Quels sont les plus beaux souvenirs de votre carrière à ce jour ?

Sans hésiter, mon aventure avec l’ETG.

C’est au bout de 2 ans de professionnalisme que j’ai parvenu à hisser l’ETG en finale de coupe de France, contre les Girondins de Bordeaux. On a perdu le match 3-2 mais ça m’a rendu heureux. C’était un super moment. Les savoyards avaient improvisé des tartiflettes géantes sur le bord des routes près du stade. Les CRS nous disaient avoir passé un super moment.

Il y avait une super ambiance !

C’était un vrai moment convivial et de partage, qui rassemble les gens, tout comme dans l’esprit du football que j’affectionne tant.

J’éprouve une très grande fierté due au fait d’avoir pu contribuer à cet événement à mon échelle.

Quelle est votre citation favorite ?

« À l’impossible nul n’est tenu. »

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